Régny le prieuré

Plusieurs historiens dont M. l’Abbé Prajoux, affirme que vers le milieu du IXe siècle, un seigneur, le comte Livald fonda à Régny, sous la vocable de Saint-Martin, un prieuré de moines bénédictins, autour duquel vint s’agglomérer au cours des siècles le village actuel.…(Les Châteaux Historiques , Abbé Prajoux). Ce monastère sera d'abord réuni à l'abbaye de Charlieu, puis au Xe siècle à celle de Cluny. Au XVIe siècle, le prieuré tombe en commende est inscrit aux MH le 29 janvier 1996. À la fin du XVIIIe siècle, il n'y a plus de religieux à Régny.
C’est totalement par hasard il y a quelques années que Régny s'est découvert un beau jour un prieuré du Xl e siècle, situé en plein centre de la commune. Michel Mathieu, maire depuis le début des années 80 se souvient :
« Personne n'en connaissait l'existence du prieuré dans le bâtiment qui abritait des logements qui appartenaient à des propriétaires privés. Puis, au fil du temps, l'immeuble est devenu insalubre il s'est vidé de ses occupants et les propriétaires ont voulu le vendre ».
Personne n’en connaissait l’existence et pourtant le Prieuré et vendu en 1796 à un certain Rajeunier, des statistiques départementales montrent qu’en 1800 qu’il excitait à Régny une filature de coton installé dirigée par Jean Massard nouveau propriétaire des lieux et malgré les réserves du contrat, il transforma quand même le bâtiment et installa dans le prieuré et les cœurs et ses parties adjudantes une filature qui employait de nombreux ouvriers. Mais avec les mises en demeure des conseils municipaux des années 1825, le citoyen Massard abandonna le bâtiment. À partir de 1860 le bâtiment est transformait cette fois en appartements, dans cette même année M. Fouilland instituteur faisait la classe dans l’église prieurale transformée en logement, on y trouva même au début du 20ème siècle une épicerie. La commune décide après 180 ans alors d'acquérir le bâtiment, certainement pour éviter de conserver une telle friche en centre-ville, "pour y aménager des logements" précise le maire.
C'est alors qu'au hasard des premières visites, des premiers coups de pioche et de marteau, le bâtiment, en apparence banale, révèle des trésors : "On y a découvert des vestiges, notamment des fresques, l'architecte des bâtiments de France appelé en renfort demande d'arrêter tout de suite les travaux et celui remonté l‘histoire pour annoncer que nous avons devant nos yeux un prieuré datant du IXe siècle. II a d'ailleurs était inscrit à l‘inventaire des bâtiments historiques"
À partir de cette découverte, se pose alors la question, que faire de ce témoin de l‘histoire locale ? Un restaurateur d'objets d'art est chargé d'établir un diagnostic les conclusions sont les suivantes « l édifice paraît d'une importance majeure pour le patrimoine régional, tant sur le plan architectural que pour les peintures murales qu'il recèle". Il précise toutefois : II est urgent de prendre des mesures conservatoires pour les peintures mises à jour dans le transept sud qui sont très fragiles ».
La commune envisage alors une réhabilitation "nous voulons le mettre en valeur pour en faire en quelque sorte le centre historique de la commune" précise Michel Mathieu maire de l’époque. L’idée vient alors d'y transférer la bibliothèque pour lui redonner une dimension culturelle et d'y organiser périodiquement des expositions. Il a même été question d'en faire un musée destiné à accueillir le patrimoine religieux du canton recensé par le conseil général.
Mais pour l‘instant, le projet semble au point mort et l'édifice et les fresques qu'il abrite continuent de se dégrader. Il est vrai que la surface immense et l'état de délabrement du bâtiment laissent présager des travaux exorbitants. Le maire de Régny Michel Mathieu reconnaît « Une telle réalisation me paraît difficilement envisageable à court ou à moyen terme pour une commune comme la nôtre, qui doit se débattre chaque jour avec la situation économique et les difficultés éprouvées par certaines de nos entreprises ».
Conjoncture oblige, les priorités de l'époque ne sont plus les mêmes et la commune ne semble pas en mesure d'assumer une telle charge à elle seule. …. …. ….
Après avoir traversé plusieurs centaines d’années, le prieuré de Régny pourrait bien avoir à attendre encore quelques années avant de renaître au regard de tous.
Surtout qu’un beau matin du mois d’octobre 2013 une partie du toit s’effondre. … … …
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